Une accompagnatrice à la naissance (ou doula),
pourrait-elle vous aider ?
Voici quelques
informations sur les doulas, ou accompagnatrices à la naissance, et ce qu’elles peuvent vous apporter
1. Qu’est-ce qu’une doula ?
Le
mot doula est
utilisé pour désigner une personne qui apporte un soutient
émotionnel et physique à une femme enceinte, un couple ou
plus généralement une famille qui attend un enfant. La doula
propose aussi des informations aux parents afin que ceux-ci puissent
faire
leurs propres choix éclairés.
La doula rencontre les parents durant la grossesse, assurant une écoute attentive, des informations sur les différents choix ainsi qu’un soutien émotionnel empathique.
Elle soutient la femme durant le travail et l’accouchement.
Elle continue souvent d'accompagner la famille 2 a 3 mois après la naissance pour répondre à ses questions par exemple sur les soins au bébé, l’allaitement, les pleurs, le sommeil...
2. Qu’est-ce qu’une doula peut vous apporter
?
Une doula
procure un soutien continu de la conception aux premières semaines de l’enfant.
Ce soutient continu, assuré par une personne familière et avec laquelle les
parents se sentent en confiance durant cette période si sensible qu’est la
maternité, est particulièrememt appréciée des parents. La doula sera
probablement la seule personne qui restera aux côtes des parents durant tout
l’accouchement et la naissance. Le personnel médical étant bien souvent
indisponible pour un soutien en continu (tours de gardes et autres femmes
accouchant simultanément étant courants).
La doula peut,
si les parents en font la demande, leur donner des informations complètes pour
les aider à choisir le type de naissance qu’ils souhaitent et à établir ainsi
leur projet de naissance.
Ici
à Tahiti,
les projets de naissance sont encore peu utilisés, les parents
devront donc
expliquer au médecin ou à la sage femme qui les suit de
quoi il s’agit. Nous conseillons un dialogue ouvert avec
les soignants pour présenter vos souhaits.
La doula peut
aussi être une oreille attentive pour les pères qui ont parfois peu d’écoute
concernant leur préoccupations, doutes, questions ou peurs concernant la
naissance de leur enfant. Durant le travail, la doula peut indiquer au père par
quelles étapes sa compagne passe ou lui donner l’occasion d’exprimer ses peurs
sans interférer avec la sérénité de la mère qui généralement se concentre sur le travail et ne peut pas expliquer ce
qu’elle vit.
La doula peut
procurer aux parents, si ceux-ci en font la demande, des informations “evidence
based" ou de médecine factuelle, sur des sujets généraux, ou peut faire des
recherches sur des sujets plus particuliers relativement à leur situation
spécifique.
Généralement, la
doula peut proposer les services suivants, selon ce que les parents
recherchent :
-
présence, écoute attentive et active ;
- encouragements, incitation à développer leur confiance en eux
- informations pour leur rédaction de leur projet de naissance
- information sur les options possibles, la naissance, l’alimentation
- tai-chi et autres outils de confort, thèmes
de relaxation, options non médicales de soulagement de la
douleur (aide du partenaire, positions, massages...)
Un point très
important concerne la définition de ce que les parents souhaitent et attendent
de leur doula. Chaque famille est différente et chaque naissance unique. Votre
doula s’adaptera à vos besoins et souhaits, elle respectera toujours vos
décisions.
3. Qu’est-ce qu’une doula ne peut pas
faire ?
Une doula ne
procure pas de soins médicaux. Elle ne vous examinera pas et ne fait pas de
diagnostique.
Par exemple,
elle n’écoute pas le coeur du bébé, ni ne prend votre tension.
Elle peut
cependant être amenée à vous poser des questions sur votre vie de femme, par
exemple vos grossesses précédentes, afin de mieux vous accompagner ou vous
fournir des informations spécifiques à votre situation.
4. Les bénéfices d’une
doula
Des études
scientifiques récentes ont démontré que les femmes ayant bénéficié d’un
accompagnement par une doula sont moins amenées à subir une césarienne, une
naissance assistée (forceps, ventouses, expression abdominale...), un déclenchement
ou une anesthésie. Les naissances accompagnées par des doula sont souvent plus
courtes, avec un niveau inférieur de complications et d'interventions médicales.
Des
essais cliniques randomisés (références ci-dessous) sur l’accompagnement
émotionnel et physique pendant le travail ont démontré de multiples avantages :
.
50% de diminution du taux de césarienne
.
25% de réduction du temps de travail
.
60% de réduction de demande de péridurale
.
30% de réduction d'utilisation d'analgésique
.
40% de réduction de l'utilisation de forceps
Reference : The Doula Book : How a Trainder Labor
Companion Can Help You Have a Shorter, Easier and Healthier Birth
Second
edition- by Marshall, Phyllis Klaus and John Kennell
(Perseus Press, 2002)
Voir aussi le document
publié par MIDIRS (the Midwives Information and Resource Service, Grande
Bretagne) Support in labor (soutien pendant l'accouchement) qui présente les
statistiques de 10 études randomisées contrôlées portant sur plus de 3000
femmes.
5. Comment choisir
une doula ?
Le
relationel est important et difficilement analysable cependant, vous
pouvez
vous renseigner sur son experience, sa formation, sa philosophie sur la
naissance, sa disponibilité : sera t-elle joignable à
tous moments ?
propose t-elle un accompagnement durant la grossesse et/ou
l’accouchement
et/ou le post partum (premiers mois après l’accouchement),
ses tarifs. Vous pouvez aussi lui demander si elle est affiliée
aux doulas de france et respecte la charte des doulas.
L’Organisation Mondiale de la Santé le dit :
Dans Les soins
liés à un accouchement normal: Rapport d'un groupe de travail technique
Soutien pendant l'accouchement
« Les
rapports et les essais contrôlés randomisés sur le soutien apporté pendant le
travail par une seule personne, une "doula", une sage-femme ou une infirmière,
ont montré qu'un soutien empathique et
physique continu pendant l'accouchement s'assortissait de nombreux avantages,
y compris un travail plus court, une diminution sensible de la médication
et de l'analgésie épidurale, un nombre réduit de scores d'Apgar
inférieurs à 7 et moins d'accouchements nécessitant une extraction
instrumentale (Klaus et al. 1986, Hodnett et Osborn 1989, Hemminki et al.
1990, Hofmeyr et al. 1991).
Ce rapport
définit une doula comme une femme qui dispense des soins, qui a reçu une
formation de base en matière de travail et d'accouchement et qui connaît toutes
sortes de techniques de soins. Elle
apporte un soutien émotionnel, en prononçant des paroles encourageantes et
rassurantes, en s'efforçant d'améliorer le confort de la mère, en
maintenant un contact physique, par exemple en frictionnant le dos de la mère
et en lui tenant les mains, en expliquant ce qui se passe pendant le travail et
l'accouchement et en assurant une présence amicale constante. Ces tâches
peuvent aussi être remplies par une infirmière ou une sage-femme, mais
celles-ci sont souvent appelées à accomplir des gestes techniques/médicaux qui
peuvent détourner leur attention de la mère. Toutefois, le réconfort constant
d'une femme qui dispense des soins réduit sensiblement l'anxiété et le
sentiment d'avoir eu un accouchement difficile chez les mères pendant les
24 heures suivant la naissance. Cela a aussi un effet positif sur le
nombre des mères qui allaitaient encore au sein six semaines après
l'accouchement.
Une femme en travail devrait être accompagnée des
personnes en qui elle a confiance et avec qui elle se sent bien; son
partenaire, sa meilleure amie, une doula ou une sage-femme. Dans certains pays en développement,
cela peut aussi inclure l'accoucheuse traditionnelle. Généralement, elle aura
fait la connaissance de ces personnes pendant sa grossesse. Les accoucheuses
professionnelles doivent se familiariser avec les tâches de soutien et les
tâches médicales qui sont les leurs et être capables de les assumer avec
compétence et sensibilité. L'une des tâches de soutien qui incombe à la
personne qui dispense les soins consiste à donner aux femmes autant
d'informations et d'explications qu'elles souhaitent et dont elles ont besoin. L'intimité
des femmes là où elles accouchent doit être respectée. Une femme en travail a
besoin d'une pièce à elle, et le nombre des personnes présentes doit être
limité au minimum essentiel.
En réalité,
cependant, les choses sont sensiblement différentes de la situation idéale
décrite ci-dessus. Dans les pays industrialisés, les femmes en travail se
sentent souvent isolées dans les salles de travail des grands hôpitaux,
entourées d'appareils et privées de l'appui amical des dispensateurs de soins. Dans
les pays en développement, certains grands hôpitaux sont si encombrés du fait
de la quantité des grossesses à faible risque que réconfort personnel et
intimité sont impossibles. Les accouchements à domicile dans les pays en
développement se font souvent en présence de dispensateurs de soins sans
formation ou insuffisamment qualifiés. Dans ces circonstances, le soutien aux
femmes en travail fait souvent défaut ou est absent, et un nombre important de
femmes accouche sans aucune aide.
Les faits
décrits ci-dessus peuvent avoir des incidences profondes sur le lieu de
l'accouchement et la fourniture d'un soutien car ils montrent que les
dispensateurs de soins qui assistent aux accouchements devraient travailler sur
une échelle beaucoup plus réduite. Des soins pour les accouchements dispensés
par les personnels qualifiés devraient être disponibles à l'endroit où vivent
les femmes ou à proximité, de façon à éviter que toutes les femmes accouchent
dans un grand service de soins obstétricaux. Les grands services qui effectuent
de 50 à 60 accouchements par jour devraient opérer une restructuration pour
pouvoir répondre aux besoins spécifiques des femmes. Les dispensateurs de soins
devraient réorganiser leur programme de travail pour assurer aux femmes les
soins continus et leur apporter le réconfort dont elles ont besoin. Cela a
aussi des incidences sur les coûts, et donc des ramifications politiques. Les
pays en développement comme les pays industrialisés doivent s'attaquer à ces
questions et les résoudre à leur façon.
En conclusion, un accouchement normal, à condition qu'il soit à faible risque, nécessite seulement l'observation attentive d'une accoucheuse ou d'une accoucheur qualifié capable de déceler les signes précoces de complications. Il ne requiert aucune intervention, seulement des encouragements, un soutien et un peu de tendresse. Des directives générales peuvent être données quant à ce qui doit être en place pour protéger et favoriser le cours d'un accouchement normal. Un pays désireux d'investir dans ces services doit néanmoins adapter ces directives à sa situation particulière et aux besoins des femmes, et il doit veiller à ce que le minimum essentiel soit disponible pour servir les femmes de façon satisfaisante, qu'elles soient à faible risque, à moyen risque ou à haut risque, ainsi que celles qui auront des complications. »