FATIMA
NOTRE
DAME DU TRES SAINT ROSAIRE
La Vierge Marie est apparue en 1917 à Trois petits bergers, les petits pastoureaux, comme on les appelait en ce temps là; il s'agit de : Lucia, l'ainée des trois, née le 22 mars 1907, Francesco né le 11 juin 1908, cousin germain de Lucie, et Jacintha soeur de Francesco, née le 10 mars 1910.

LES
APPARITIONS DE L'ANGE
La première manifestation divine s'est traduite par l'apparition de l'Ange au
printemps 1916.
- Ne craignez pas! Je suis l'Ange de la Paix, annonça-t-il aux
enfants. Priez avec moi !
S'agenouillant à terre, il courba le front jusqu'au sol, et récita alors trois
fois cette prière: " Mon Dieu, je crois, j'adore, j'espère et je
vous aime ! Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, qui n'adorent
pas, qui n'espèrent pas et ne vous aiment pas !"
Poussés par un mouvement surnaturel, les enfants répétèrent les paroles.
- Priez ainsi!, continua-t-il, les Coeurs de Jésus et de
Marie sont attentifs à la voix de vos supplications.
Et il disparut.
L'Ange
se montra une seconde fois aux enfants quelques semaines plus tard: "Que
faites-vous? leur dit-il, Priez, priez beaucoup ! Les Coeurs de Jésus
et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut
des prières et des sacrifices."
- Comment devons-nous nous sacrifier ? demanda Lucie.
- De tout ce que vous pourrez, offrez un sacrifice au Seigneur, en acte de
réparation pour les péchés par lesquels il est offensé, et de supplication
pour la conversion des pécheurs. Attirez ainsi la paix sur votre patrie. Je
suis son Ange gardien, l'Ange du Portugal. Par dessus tout, acceptez et
supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra.

"Puis
à l'automne, raconte Lucie, alors que nous avions récité notre chapelet et la
prière que l'Ange nous avait enseignée à sa première apparition, il nous
apparut une troisième fois, tenant à la main un calice, et, au dessus de
celui-ci une Hostie, d'où tombaient dans le calice quelques gouttes de sang.
Laissant le calice et l'Hostie suspendus en l'air, il se prosterna à terre, et
répéta trois fois cette prière : «Très Sainte Trinité, Père, Fils
et Saint Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre les Très Précieux
Corps, Sang, Ame et Divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, présent dans
tous les tabernacles du monde, en réparation des outrages, des sacrilèges et
des indifférences par lesquels il est Lui-même offensé ! Et par les mérites
infinis de son Très Saint Coeur et du Coeur Immaculé de Marie, je vous demande
la conversion des pauvres pécheurs»
Puis, se levant, continue Lucie, il prit de nouveau le calice et me donna
l'hostie, et donna à boire ce que contenait le calice à Jacinthe et à François,
en disant en même temps: «Prenez et buvez le Corps et le Sang de Jésus
Christ, horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et
consolez votre Dieu ! » De nouveau, il se prosterna à terre, et répéta
avec nous, encore trois fois, la même prière: Très Sainte Trinité...», et
il disparut."

LES
APPARITIONS DE LA VIERGE MARIE A LA COVA DA IRIA
APPARITION DU 13 MAI 1917
Quelque temps plus tard, la "Dame vêtue de blanc", comme la décrit
Lucie, "plus brillante que le soleil, qui rayonnait une lumière plus vive
et plus intense qu'une coupe de cristal remplie d'eau pure, traversée par les
rayons ardents du soleil", se montre aux enfants à un endroit appelé la
Cova Da Iria, là où les moutons aimaient aller: «N'ayez pas peur!
dit-elle. Je ne vous ferai pas de mal.»
- D'où êtes-vous? demande Lucie
- Je suis du Ciel.
- Et que voulez-vous de moi ? poursuit Lucie.
- Je suis venue pour vous demander de venir ici six mois de suite, le 13
de chaque mois, à cette même heure. Plus tard je vous dirai qui je suis et ce
que je veux.
- Et moi, demande Lucie, j'irai aussi au Ciel ?
-Oui, tu iras.
- Et Jacinthe?
-Aussi.
- Et François ?
-Oui, il ira; mais il devra dire beaucoup de chapelets.
- Et Marie du Rosaire, la fille de José das Neves, est-elle au Ciel ?
- Oui, répond la Dame.
- Et Amélie ?
- Elle sera en Purgatoire jusqu'à fin du monde.
Puis, la Vierge Marie demande:
- Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu'Il
voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés qui l'offensent,
et de supplication pour la conversion des pécheurs ?
- Oui, nous le voulons.
- Eh bien, vous aurez beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre
réconfort.
Les enfants tombèrent alors à genoux pour réciter des prières. Puis la
Dame blanche conclut:
- Dites le chapelet tous les jours, ajouta enfin la blanche Dame, afin
d'obtenir la paix pour le monde, et la fin de la guerre.
APPARITION
DU 13 JUIN 1917
Une cinquantaine de personnes sont présentes à La Cova Da Iria; elles
récitent le chapelet. Alors qu'elles entament les litanies de la
Sainte Vierge, Lucie les interrompt, avant de s'écrier: "Jacinthe,
Notre-Dame va venir ; voilà l'éclair !"
Joignant les mains devant elle et levant les yeux, Lucie poursuit : " Vous
m'avez demandé de venir ici. Dites-moi, s'il vous plaît, ce que vous
voulez."
- Je veux que vous veniez ici le 13 du mois prochain, que vous récitiez
le chapelet tous les jours, et que vous appreniez à lire. Plus tard, je vous
dirai ce que je veux.
Lucie fit cependant une requête: "Je voudrais vous demander de
nous emmener au Ciel !"
-Oui, répondit la Vierge Marie, Jacinthe et Francesco je
vais les emmener bientôt. Mais toi, tu resteras ici encore quelque temps. Jésus
veut se servir de toi pour me faire connaître et aimer. II veut établir dans
le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé.
- Je resterai ici toute seule ? demanda Lucie, inquiète
- Non ma fille! Tu souffres beaucoup ?... Je ne t'abandonnerai jamais. Mon
Coeur Immaculé sera ton refuge, et le chemin qui te conduira jusqu'à Dieu.
Et la Mère de Dieu disparut.

APPARITION
DU 13 JUILLET 1917 - "Ceci, ne le dites à personne", le secret ! (*1)
Comme pour répondre au curé qui doutait des apparitions, ou plutôt qui en
donnait la paternité au démon, la Vierge Marie commençe la conversation avec
Lucie en ces termes: "C'est moi... Je viens du Ciel... En Enfer il ne
peut pas y avoir tant de blancheur... tant de lumière. Surtout, il n'y a pas
tant de bonté et de douceur..."
-Que voulez-vous de moi ? demande une nouvelle fois l'enfant.
- Je veux que l'on revienne ici le 13 du mois prochain ; que l'on continue
à réciter le chapelet tous les jours, en l'honneur de Notre-Dame du Rosaire,
pour obtenir la paix du monde et la fin de la guerre, car Elle seule peut vous
secourir.
- Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle
pour que tout le monde croie que vous nous apparaissez.
- Que l'on continue à venir ici tous les mois. En Octobre, je dirai qui
je suis, et ce que je veux; et je ferai un miracle que tout le monde verra pour
croire.
Elle ajoute: «Sacrifiez-vous pour les pécheurs, dit-elle, et dites
souvent, spécialement chaque fois que vous ferez un sacrifice : 0 Jésus, c'est
pour votre amour, pour la conversion des pécheurs, et en réparation pour les péchés
commis contre le Coeur Immaculé de Marie.»
Aux demandes de guérison formulées par Lucie, Notre-Dame répond que la grâce
ne sera pas consentie à toutes.
La Vierge Marie montre ensuite l'enfer, première des trois parties du secret,
aux trois enfants effrayés:
- Vous avez vu l'Enfer, ou vont les âmes des pauvres pécheurs. Pour les
sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Coeur Immaculé. Si
l'on fait ce que je vais vous dire, beaucoup d'âmes se sauveront, et on aura la
paix ! La guerre va finir; mais si l'on ne cesse pas d'offenser Dieu, une autre,
pire, va commencer sous le règne de Pie XI. Quand vous verrez une nuit éclairée
par une lumière inconnue(*2), sachez que c'est le grand signe que Dieu vous
donne, qu'il va punir le monde de ses crimes par le moyen de la guerre, de la
famine, et des persécutions contre l'Église et contre le Saint-Père. Pour empêcher
cela, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Coeur Immaculé,
et la Communion réparatrice des premiers samedis. Si l'on écoute mes demandes,
la Russie se convertira, et on aura la paix ; sinon elle répandra ses erreurs
dans le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l'Église. Les
bons seront martyrisés; le Saint Père aura beaucoup à souffrir ; plusieurs
nations seront anéanties. Finalement, mon Coeur Immaculé triomphera. Le
Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et il sera donné au
monde un certain temps de paix. Au Portugal se conservera toujours le dogme de
la foi... Ceci, ne le dites à personne. A François seulement vous pouvez le
dire(*3). Quand vous dites le chapelet, dites après chaque dizaine: "O mon
Jésus, pardonnez-nous nos péchés, préservez-nous du feu de l'enfer, et
conduisez au Ciel toutes les âmes, surtout celles qui ont le plus besoin de
Votre Miséricorde."
Comme abasourdie parce qu'elle venait de voir et d'entendre, on la comprend
aisément, Lucie laisse passer un court instant de silence avant de questionner
encore : "Vous n'avez plus rien à me demander? "
- Non, aujourd'hui je ne te demande plus rien.
Un coup de tonnerre marqua la fin de l'entretien et de la vision.
(*1)
La révélation du secret concerne ici les deux parties, la troisième partie
est décrite au bas de la page.
(*2) Une aurore boréale illumina le ciel dans la nuit du 24 au 25 janvier
1938
(*3) Présent à toutes les apparitions, Francesco n'a jamais entendu les
paroles de la Vierge Marie, ni celles de l'Ange.
Cova da Iria au temps des apparitions
13
AOUT 1917
Six mille personnes sont présentes à la Cova Da Iria, mais les enfants ne
sont pas là, car l'Administrateur en opposition aux apparitions les avait séquestrés.
(Ils furent relâchés le 15 Août). L'apparition programmée n'eut lieu donc
pas ce jour là.
| APPARITION
DU 19 AOUT 1917 A la traditionnelle question de Lucie: "Que voulez-vous de moi ?", la Vierge Marie répondit: - Je veux que vous continuiez à aller à la Cova da Iria le 13, et que vous continuiez à dire le chapelet tous les jours. Lucie redemande à Notre-Dame de faire un miracle, pour que tout le monde croie. - Oui, répondit la Vierge, le dernier mois, en Octobre, je ferai un miracle pour que tout le monde croie à mes apparitions. Si on ne vous avait pas emmenés à la ville, le miracle aurait été plus grandiose. Saint Joseph viendra avec l'Enfant Jésus, pour donner la paix au monde. Notre Seigneur viendra aussi pour bénir le peuple. Notre-Dame des Douleurs viendra aussi, et Notre-Dame du Carmel. Lucie demande alors ce qu'il faut faire de l'argent laissé par les gens au pied du chêne-vert à la Cova da Iria. - Je veux que l'on fasse deux brancards de procession. Tu porteras l'un avec Jacinthe et deux autres petites filles habillées de blanc. L'autre, François le portera avec trois autres garçons comme lui, vêtus d'aubes blanches. Ce sera pour la fête de Notre-Dame du Rosaire. Ce qui restera de l'argent, servira pour aider à construire une chapelle. - Je voudrais vous demander la guérison de quelques malades, demande encore Lucie. - Oui, j'en guérirai certains dans l'année. Mais prenant un air triste, elle ajoute: - Priez, priez beaucoup et faîtes des sacrifices pour les pécheurs, car beaucoup d'âmes vont en enfer parce qu'il n'y a personne qui se sacrifie et prie pour elles. La Vierge Marie s'élève alors vers le ciel, mettant fin à l'entretien. |
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APPARITION
DU 13 SEPTEMBRE 1917
Plus de 25000 personnes se sont rassemblées à la Cova Da Iria dans
l'attente de l'apparition.
- Que voulez-vous de moi ? demande, comme toujours, Lucie.
- Continuez à réciter le chapelet tous les jours pour obtenir la fin de la
guerre ! lui répond la Vierge. En Octobre, viendront aussi Notre Seigneur, et
Saint Joseph avec l'Enfant Jésus, pour bénir le monde. Dieu est content de vos
sacrifices, mais il ne veut pas que vous dormiez avec la corde. Portez-la
seulement pendant le jour.(*1)
- On m'a priée de vous demander beaucoup de choses, dit Lucie : Une petite
fille qui est sourde... Vous ne voulez pas la guérir ?
-Au cours de l'année elle éprouvera du mieux... J'en guérirai quelques uns
; les autres, non, parce que Notre Seigneur ne se fie pas à eux.
Avant de mettre fin à son apparition, la Vierge Marie promit: "En
octobre, je ferai le miracle, pour que tous croient."
(*1) Pour obtenir la conversion des pécheurs, les enfants avaient ceinturé leur corps d'une corde qu'ils portaient jour et nuit, ce qui les faisaient souffrir.
APPARITION
DU 13 OCTOBRE 1917
Ce 13 octobre, malgré la pluie, la foule vint nombreuse pour assister au
miracle prédit (plus de 50.000 personnes).
A la demande traditionnelle de Lucie, "Que voulez vous de moi ?", la
Vierge Marie répondit:
- Je veux te dire que l'on fasse ici une chapelle en mon honneur. Je suis
Notre-Dame du Rosaire. Que l'on continue toujours à réciter le chapelet tous
les jours. La guerre va finir et les militaires rentreront bientôt chez eux.
Lucie sollicite à nouveau la guérison de malades.
- Les uns, oui, les autres, non. Il faut qu'ils se corrigent, qu'ils
demandent pardon de leurs péchés.
D'un air grave, Notre Dame rajoute:
- Que l'on n'offense pas davantage Dieu, Notre-Seigneur, car il est déjà trop
offensé!
- Vous ne voulez plus rien de moi, questionne enfin Lucie ?
- Non, je ne demande plus rien.
- Alors, je ne demande plus rien non plus.
Après que la Vierge Marie eut disparu, et alors que les enfants ont la
vision de la Sainte Famille, puis de la Vierge, sous les traits de Notre Dame
des Douleurs et de Notre Dame du Mont-Carmel, le miracle annoncé se produisit,
le soleil se met à tourner vertigineusement. Le père de Jacinthe et de
Francisco raconte: «Tout à coup, la pluie a cessé, les nuages se sont écartés,
laissant la place au soleil ...On pouvait le regarder parfaitement sans en être
incommodé. On aurait dit qu'il s'éteignait et se rallumait, tantôt d'une manière,
tantôt de l'autre. Il lançait des faisceaux de lumière, d'un côté et de
l'autre, et peignait tout de différentes couleurs: les arbres, les gens, le
sol, l'air. Le soleil ne faisait pas mal aux yeux. Tout le monde était immobile
et silencieux... Tous regardaient le ciel. A un certain moment, le soleil s'arrêta,
et puis recommença à danser, à tournoyer; il s'arrêta encore une fois, et se
remit une nouvelle fois à danser, jusqu'au moment, enfin, où il parut se détacher
du ciel, et s'avancer sur nous. II dégageait une forte chaleur. Ce fut un
instant terrible, tout le monde croyait mourir!»
A la suite de quoi, saisie de frayeur, la foule tomba à genoux pour redoubler
de prières.

Le miracle du soleil