Bienheureux URBAIN V
Pape
(1310-1370)
Le bienheureux Urbain V, de son nom de famille Guillaume de Grimoard, naquit près
de Mende, sur un sommet des Cévennes. Il gravit rapidement les degrés
successifs de l'échelle des lettres et des sciences. La vie religieuse s'offrit
alors à lui comme l'idéal qui répondait le mieux aux tendances de son esprit
et aux besoins de son coeur. Il alla frapper à la porte de l'abbaye de
Saint-Victor, près de Marseille, et, à l'ombre paisible du cloître, il s'éleva
chaque jour de vertu en vertu. On remarquait particulièrement en lui une tendre
dévotion pour la Sainte Vierge.
La profession religieuse n'avait fait que développer son ardeur pour la
science, les supérieurs crurent bientôt l'humble moine capable d'enseigner,
et, en effet, il illustra successivement les chaires qui lui furent confiées à
Montpellier, à Paris, à Avignon et à Toulouse. Quelques années plus tard,
après avoir été peu de temps abbé de Saint-Germain d'Auxerre, il fut envoyé
en Italie par le Pape Clément VI en qualité de légat. C'était, à son insu,
un acheminement vers la plus haute dignité qui soit au monde.
Il fut élu Pape en 1361 et prit le nom d'Urbain V, parce que tous les Papes qui
avaient porté ce nom l'avaient illustré par la sainteté de leur vie. C'est
lui qui ajouta à la tiare papale une troisième couronne, non par orgueil, mais
pour symboliser la triple royauté du Pape sur les fidèles, sur les évêques
et sur les États romains.
Il se proposa, en montant sur le trône de saint Pierre, trois grands projets:
ramener la papauté d'Avignon à Rome, réformer les moeurs, propager au loin la
foi catholique. Le retour de la papauté à Rome fut un triomphe, et les poètes
le saluèrent comme l'augure d'un nouvel âge d'or. Pendant ces grandes oeuvres,
Urbain vivait en saint, jeûnait comme un moine, et rapportait toute gloire à
Dieu. A sa mort, il demanda qu'on permît au peuple de circuler autour de son
lit: "Il faut, dit-il, que le peuple puisse voir comment les Papes
meurent."
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame,
1950.
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