SAINT BONIFACE
Archevêque de Mayence, Martyr
(680-754)
Boniface, appelé d'abord Winfrid, naquit en Angleterre, l'an 680. Une maladie
grave que Dieu lui envoya décida son père à le laisser partir dans un monastère.
Devenu professeur après de brillantes études, Winfrid, par sa science et son
éloquence, acquiert une réputation dont il est effrayé; alors, refusant tous
les honneurs, il tourne toute l'ambition de son zèle vers les contrées encore
païennes de la Germanie, et n'a qu'un désir: devenir apôtre de l'Allemagne.
En 718, il va s'agenouiller aux pieds du Pape Grégoire II et reçoit de lui
tous les pouvoirs apostoliques. Après avoir traversé, en exerçant sa charité
pour les âmes, la Lombardie, la Bavière et la Thuringe, il va se joindre à
saint Willibrord, apôtre des Frisons; mais il s'enfuit dès que celui-ci veut
lui conférer l'épiscopat. Winfrid évangélise alors la Thuringe, dont les
sauvages forêts se couvrent bientôt de monastères et se peuplent de saints.
La moisson est trop abondante, il lui faut des auxiliaires; le Pape l'appelle à
Rome, le sacre évêque et change son nom en celui de Boniface. L'apôtre,
secondé par de vaillants missionnaires, travaille avec plus d'ardeur que jamais
à étendre le règne de l'Évangile. Ses saintes audaces sont bénies du Ciel.
Un jour, il fait abattre un arbre de superstition, qui servait d'idole à un
peuple aveugle, et quand la foule en fureur va se jeter sur lui, un prodige
vient soudain la calmer: l'arbre énorme se plie sous une main invisible et va
tomber en quatre tronçons aux pieds du Saint. Le Christ avait vaincu; des
milliers de païens demandèrent le baptême.
Boniface était de nouveau débordé par l'immensité de ses succès; il fait un
appel à sa patrie, et bientôt de nombreux missionnaires viennent se joindre à
lui. Archevêque, légat du Pape, Boniface ne s'attribue point la gloire de ses
oeuvres; Dieu est sa seule force et son seul recours; voilà le secret de ses
conquêtes pacifiques.
A ce héros, il ne manquait plus qu'un combat; à ce triomphateur, il ne
manquait plus qu'une victoire. Un matin, Boniface se préparait à offrir le
Saint Sacrifice, quand une foule armée se précipite vers lui en poussant des
cris sauvages; son entourage court aux armes; mais Boniface sort de sa tente:
"Cessez le combat, mes enfants, dit-il, voici l'heure de la délivrance!"
Bientôt l'apôtre tombe sous les coups de ces barbares avec tous ceux qui
l'accompagnent. On le trouva criblé de blessures, tenant en main le livre de
saint Ambroise: Du bienfait de la mort.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
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