Labeur d'un Dieu


J'ai creusé longtemps, profondément

Dans une horreur de fange et de boue

Un sillon pour la chanson d'une rivière d'or

Une demeure pour un feu qui ne meurt pas


J'ai labouré, souffert dans la nuit de la Matière,

Pour amener le feu à l'homme

Mais la haine de l'enfer et le mépris des hommes

Sont ma pitance depuis que le monde a commencé


Mes plaies sont mille et une

Et les rois titans m'assaillent...


Va où nul n'est allé, cria une voix

Creuse plus profond, plus dedans encore

Jusqu'à l'inexorable pierre au fond

Et frappe à la porte sans clé...


(J'ai) plongé par les allées aveugles du corps

Jusqu'aux mystères souterrains


J'ai remonté juqu'au redoutable coeur muet de la terre

Et entendu la cloche de sa messe noire

J'ai vu la source d'où part son agonie

Et la raison intérieure de l'enfer