Voici un petit texte et un poême que je dédie à tous ceux qui s'intéressent aux expériences aux frontières de la mort. J'ai moi même été confronté à ce type d'expérience ô combien initiatique il y a quelques années :


La mort
Voici la quintessence que je puis retirer aujourd'hui de mon expérience au seuil de la mort.

Le passage dans la mort est un passage qui se franchit seul.
Lorsqu'en vient le moment, la conscience, détachée du temps, détachée de sa vie terrestre, détachée de la culture et de toutes les pressions auxquelles elle fut soumise, se trouve soudain accaparée au plus haut point par cette expérience. Sa présence atteint alors une intensité rarement déployée.

Bientôt, ses sens multiples perçoivent les autres réalités. Par le passé, quelques rêves déformés par le filtre de ses conceptions humaines en avaient laissé deviné des contours.

Puis, elle accède à son état de liberté et de compréhension incomparable ; auparavant insoupçonnée sous sa couverture humaine. Pourtant, c'est comme si ce n'était que le Nième basculement. Un basculement qui se serait produit chaque soir en fermant les paupières mais qui n'aurait laissé aucune trace chaque matin au lever du soleil.

C'est avec douceur, sans en faire état que cette conscience éveillée reprend ses droits. Elle retrouve, sans heurt aucun, la maturité et la sagesse qui lui sont propres. Tout est à sa place comme à l'accoutumé.
Le passage dans la mort ressemble à la fin d'un bal masqué.
Comme un spectateur qui vient de visionner un film, l'être se lève et retrouve les activités qui lui sont propres. Ce sont les activités d'une réalité plus fondamentale possédant plus de possibilités qu'il n'en existe dans le scénario visionné. Cependant, ce scénario était un trésor des plus précieux parce qu'il ouvre sur la victoire dans un infaisable pari : celui de retrouver la lumière malgré notre plongée dans l'état d'inconscience et de limitation, celui de redécouvrir ce que nous sommes malgré notre situation au milieu des ténèbres, une croissance indescriptible par des conditions limitantes.


Michel Ribardière

La porte des Mondes


Le seuil était très sombre au moment de franchir.
Hors du temps, projeté et séparé de tout,
Mon regard pénétrant déborde ma présence.

Puis la mémoire se fit, progressive, naturelle,
D'autres réalités à mes sens se révellent,
Des possibles oubliés que mes voiles d'antan
Filtraient chaque matin en rêves ou cauchemards

A l'esprit, tout est paix, rien est inhabituel,
Cette conscience alerte, cette maturité,
cette sagesse ancienne soudain intemporelles.
Tout retrouve sa place comme à l'accoutumé

Et de légèreté je vole entre les airs,
La liberté totale d'être ici et ailleurs
Le choix de l'expérience, l'heure de la victoire,
Le moment de partir, tous conformes à mes plans
*


Michel
(expériences de la vie)